Féca est la Déesse de la protection, des boucliers et des gardiens. Figure maternelle et autoritaire du Panthéon, elle veille sur les faibles, les innocents et tous ceux qui cherchent refuge face aux dangers du Monde des Douze. Ses disciples, les Féca, héritent d’une partie de son pouvoir protecteur et deviennent des maîtres des glyphes, des armures magiques et des barrières défensives.
Derrière son image de gardienne inflexible se cache pourtant une personnalité bien plus complexe. Féca est connue pour son immense coquetterie et son caractère particulièrement susceptible. Ses fidèles la surprennent parfois admirant son reflet dans son bouclier sacré, mais aucun n’oserait faire le moindre commentaire à ce sujet tant la déesse peut rapidement s’emporter lorsqu’elle se sent moquée ou contrariée.
Parmi toutes les menaces du Krosmoz, Rushu reste celle dont elle se méfie le plus. Féca est persuadée que le souverain de la Shukrute prépare constamment quelque catastrophe sous ses faux airs innocents. Cette méfiance envers les démons influence profondément la philosophie de ses disciples, qui apprennent à toujours se tenir prêts face aux forces du chaos.
Chaque année, le 4 Juinssidor, les fidèles célèbrent la Gardienne-Party, une fête commémorant l’apparition de Féca auprès du roi Allister afin de libérer Amakna de l’emprise du démon Uk’Not’Allag. Cette célébration est dédiée à la protection des foyers, des troupeaux et des habitants du Monde des Douze.
Au fil des siècles, la déesse reçoit de nombreux surnoms reflétant son rôle de protectrice divine :
La Protectrice La Gardienne des Troupeaux Célestes L’Altière Bergère La Dame au Bouclier
Les commandements de Féca, transmis à travers ses prêtres et ses disciples, insistent autant sur la défense des autres que sur la discipline personnelle. Ils encouragent notamment à protéger les faibles, rester humble après une victoire, se tenir prêt pour les tours de garde ou encore se méfier des individus dégageant une forte odeur de soufre, signe possible d’une influence démoniaque.
Les attributs divins de Féca sont son immense bouclier sacré ainsi que son bâton de berger, symboles de son rôle de gardienne du Monde des Douze. Son invocation laudative est connue de tous les fidèles : “Louée soit la Féca, la Déesse à la solide égide.”
De nombreuses légendes circulent également au sujet de son tempérament. L’une des plus célèbres raconte qu’un peintre installé sur Incarnam reçut un jour la visite de la déesse. Curieuse, Féca lui demanda de dessiner un Bouftou afin d’orner sa bergerie divine.
Malheureusement pour l’artiste, aucun de ses dessins ne trouva grâce aux yeux de la déesse. Tantôt le Bouftou semblait malade, tantôt trop vieux ou ressemblait davantage à un Boufmouth. Exaspéré, le peintre finit par griffonner une simple caisse en prétendant que le Bouftou se trouvait à l’intérieur.
Loin d’admirer cette approche artistique, Féca entra dans une colère monumentale. Posant son bouclier et plantant son bâton dans le sol, elle entreprit de corriger le malheureux artiste pour son insolence. La légende ne précise jamais ce qu’il advint réellement du peintre, mais certains racontent que la déesse quitta les lieux si furieuse qu’elle en oublia même son bâton et son bouclier, ou peut-être les laissa-t-elle volontairement comme avertissement.
À travers le Krosmoz, Féca demeure ainsi l’incarnation de la protection et de la vigilance, une divinité capable d’une immense bienveillance envers ceux qu’elle protège, mais également d’une colère redoutable envers ceux qui osent défier son autorité.