Le roi Sheran Sharm fut l'un des souverains les plus respectés du Monde des Douze durant l'ère de Wakfu, dirigeant le Royaume Sadida avec une autorité empreinte de sagesse et une humanité rare. Père d'Amalia Sheran Sharm et d'Armant, il incarne à la fois la figure du monarque exemplaire et celle d'un père profondément marqué par l'amour qu'il porte à ses enfants, parfois au point d'en devenir maladroit ou excessivement protecteur.
La mort de son épouse marque un tournant dans sa vie. Ce deuil le rend plus dur, plus strict, notamment envers Amalia, qu'il chérit particuliérement. Cette affection, bien que sincère, devient étouffante pour la jeune princesse, qui finit par fuir le palais pour chercher sa liberté. Derrière cette fuite se dessine une réalité plus nuancée, si le roi se montre autoritaire, c'est avant tout par peur de perdre ce qu'il lui reste. Lorsque sa disparition est annoncée, son premier réflexe est d'agir en souverain en mobilisant ses forces, mais il se laisse apaiser par Armant, révélant qu'au-delà du roi, il demeure un père capable d'écouter.
Son lien avec ses enfants est au cœur de son existence. Conscient des tensions entre Amalia et son frère, il ne cesse de chercher à les rapprocher, persuadé que l'avenir du royaume dépendra de leur unité. Cette volonté d'harmonie guide nombre de ses décisions, même dans les moments les plus critiques, comme lors de la menace de Nox, où il fait face avec dignité à l'effondrement imminent de son peuple. Sa mort, provoquée par la destruction de l'Arbre de Vie, témoigne de son lien indissociable avec la terre sadida, avant d'être miraculeusement annulée par le retour temporel de Nox. Cet événement renforce encore davantage sa stature, lui rappelant la fragilité de tout ce qu'il protège.
Au-delé des conflits, Sheran Sharm se distingue par sa vision politique et sa grandeur morale. Lorsque les dirigeants du monde hésitent face à la perspective du retour du peuple Éliatrope, il est le seul à assumer pleinement ses responsabilités, allant jusqu’à déclarer qu'il accueillerait seul ce peuple s'il le fallait. Là où d'autres fuient ou tergiversent, lui agit avec conviction, incarnant une idée du pouvoir fondée sur le courage et l'ouverture.
Cette noblesse de cœur se retrouve également dans ses décisions les plus douloureuses. Lorsque la montée des eaux causée par Ogrest menace d'engloutir son royaume, il accepte, le cœur brisé, de promettre la main de sa fille à un inconnu pour sauver son peuple. Ce choix, partagé avec Amalia, révèle toute la complexité de leur relation, un mélange de devoir, de confiance et d'amour silencieux. Méme dans l'adversité, il reste fidéle à ses principes, prêt à sacrifier ce qui lui est le plus cher pour le bien commun.
Pourtant, derrière le roi respecté se cache un homme étonnamment simple et attachant. On le découvre parfois espiégle, cherchant à échapper à ses responsabilités pour profiter de moments de l’légèreté, ou encore complice avec ses proches, loin de l'image figée du souverain. Cette dualité renforce son humanité et explique l'attachement profond que lui portent ceux qui l'entourent.
Jusqu’à ses derniers instants, Sheran Sharm n'aura eu qu'une obsession, préparer ses enfants à lui succéder et leur apprendre à dépasser leurs différences. Il pousse Amalia à vivre ses aventures pour grandir avant de porter le poids de ses responsabilités, tout en formant Armant à devenir un roi digne. Dans ses dernières heures, il leur transmet une ultime leçon d'unité, conscient que leur avenir dépendra de leur capacité à rester ensemble face à l'adversité.
Après sa mort, il rejoint symboliquement l'Arbre de Vie, devenant une part de cette conscience collective qui relie les Sadidas à leur monde. Et lorsque sa fille vient pleurer sa disparition, une liane vient sécher ses larmes, comme une preuve silencieuse que, même disparu, il continue de veiller sur elle. Ainsi perdure l'héritage de Sheran Sharm, celui d'un roi juste, mais surtout d'un père dont la présence ne s'éteint jamais vraiment.